Projet ReSol : enfin du PVC recyclé pour les enducteurs ?

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Le projet régional d’innovation collaborative ReSol, lancé par Polyloop avec le soutien des laboratoires ISA et LAGEPP de l’université Claude Bernard de Lyon et de l’industriel ardéchois Chomarat, fabricant de textiles enduits, reçoit une aide de 540 000 € dans le cadre de l’appel à projets R&D Booster lancé en février 2021. L’objectif de ce projet est donc de trouver une solution pour obtenir un PVC recyclé qui soit réutilisable dans des procédés d’enduction plastisol.

Projet ReSol : obtenir un PVC recyclé de haute qualité pour l’enduction

Le projet ReSol est né dans le cadre du recyclage des composites textiles PVC enduit. Polyloop est déjà spécialisée dans le recyclage des matériaux composites base PVC. Jusqu’à aujourd’hui son procédé se heurte encore à une problématique : le r-PVC obtenu grâce au procédé de recyclage comporte des limites physiques pour une intégration en proportion importante dans les produits recyclés. En effet, de par sa granulométrie, le dry-blend r-PVC Polyloop ne peut être employé directement dans un procédé de fabrication par enduction plastisol. Ce compound r-PVC est cependant très approprié pour des procédés en extrusion, injection et calandrage.

L’objectif du projet ReSol est donc de trouver une solution pour obtenir un PVC recyclé qui soit réutilisable dans des procédés d’enduction plastisol suite au processus de recyclage. Pour ce faire, l’aide allouée par le R&D Booster va permettre de construire un démonstrateur sous la forme d’un pilote de taille intermédiaire pouvant traiter 5 kg de déchets et permettant de vérifier la viabilité technique pour incorporer du r-PVC dans le procédé plastisol pour les domaines du vêtement de protection et du bâtiment.

Un projet collaboratif réunissant deux laboratoires et un fabricant de produits enduits.

Pour réussir les adaptations du procédé nécessaires à l’obtention d’un PVC recyclé répondant aux critères techniques de l’enduction, Polyloop s’allie :

  • à Chomarat : entreprise spécialisée dans la fabrication de textiles enduits pour les secteurs de l’automobile, bâtiment ou encore du luxe. Chomarat fournira les produits à tester et accueillera les tests réalisés à l’échelle laboratoire et sur le pilote intermédiaire.
  • aux laboratoire de l’Université Claude Bernard Lyon 1 (UCBL) : l’Institut des Sciences Analytiques (ISA) et le Laboratoire d’Automatique, de Génie, des Procédés et de génie Pharmaceutique (LAGEPP). Ces deux laboratoires mettront à profit leurs connaissances des technologies et des procédés pharmaceutiques pour la maîtrise des propriétés finales du produit. Le savoir-faire de l’UCBL dans le cadre de la caractérisation physique et physico-chimique des systèmes dispersés en termes de taille, de distribution de taille et des propriétés thermiques entre autres permettra de travailler sur les verrous et d’adapter le processus de recyclage développé par Polyloop.


Le projet a de plus été appuyé par les pôles de compétitivité Axelera (chimie et environnement) et Techtera (filière textile française) qui ont labellisé le projet.

Pourquoi se focaliser sur l’usage de Matières Premières Recyclées en enduction ?

Aujourd’hui Polyloop a résolu le challenge pour les applications en extrusion, calandrage etc… Globalement, réussir à obtenir un r-PVC pouvant être réutilisé par les enducteurs en étant compatible avec le procédé plastisol permettrait à nos clients enducteurs:

  • l’utilisation de ce produit recyclé dans une gamme plus large de produits.
  • de fonctionner en boucle fermée d’économie circulaire et en circuit court : ils pourront à leur tour recycler et intégrer leur r-PVC dans leur production.
  • rassurer sur la question de la traçabilité de la matière recyclée : recycler ses déchets et les réintégrer dans sa production. Une formulation du PVC connue.


Concernant Polyloop, l’ouverture vers l’enduction permettra d’augmenter le marché des clients potentiels de 50 % grâce à la levée de ce verrou technologique que subissent les enducteurs. 

Le recyclage des matières plastiques et de leurs composites est aujourd’hui un enjeu environnemental majeur. Les industriels sont à la recherche de nouvelles solutions permettant de traiter des volumes plus importants de déchets et ainsi réaliser des économies de matière et diminuer les impacts environnementaux (diminution des consommations d’énergie, d’eau, émissions de CO2).

Le projet ReSol a été monté dans un contexte où la question du recyclage de l’utilisation de matière recyclée est plus que jamais au coeur des problématiques des industriels, par exemple :

  • les quotas CET (Centre d’Enfouissement Technique) baissent entraînant une augmentation des coûts de l’enfouissement.
  • la Responsabilité élargie des producteurs (REP) implique à plus en plus de secteurs à prendre en compte l’intégration de matière recyclées dans leurs articles.
  • une demande plus forte des clients impliqués dans une démarche environnementale qui eux aussi souhaitent ou doivent répondre à un cahier des charges précis quant à la valorisation de leurs matières.
  • la volatilité du marché concernant l’achat de matières premières.

540 000€ d’aide publique débloquée

Octroyée par la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’UCBL et Polyloop recevront 390 000€ de subvention et un prêt à taux zéro  de 150 000€.
Les projets retenus dans la cadre du R&D Booster 2021 représentent au total un crédit total de 7 150 704,56 €.

A propos du R&D Booster

Le programme R&D Booster vise à promouvoir les projets collaboratifs de R&D (a minima deux entreprises régionales et un organisme de recherche et de diffusion des connaissances régional) en réponse à un enjeu de développement de nouveaux produits, procédés ou services.

Soutenue par la Région AURA.

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